Aller au contenu

Étude · Sécurité des habitants

Détecteurs de monoxyde de carbone : étudier, comparer, prévenir

Un risque invisible qui demeure insuffisamment couvert dans les logements.

  • ≈ 3 000personnes intoxiquées chaque année en France
  • ≈ 100décès chaque année
  • 5,4 Mlogements locatifs sociaux
  • < 100bailleurs équipés volontairement
  • 0obligation générale en France

Le risque

Un gaz qu’aucun de nos sens ne détecte

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz particulièrement dangereux : invisible, inodore et non irritant, il peut être présent dans un logement sans que ses occupants puissent le détecter par leurs sens.

Il est principalement produit lors d’une combustion incomplète : chaudière, chauffe-eau, poêle, cheminée, chauffage d’appoint, groupe électrogène ou autre équipement utilisant du gaz, du bois, du fioul, du charbon ou des carburants.

L’intoxication prive progressivement l’organisme d’oxygène. Les premiers signes peuvent être trompeurs : maux de tête, fatigue, nausées, vomissements ou vertiges. À forte concentration, l’exposition peut provoquer une perte de connaissance, un coma et le décès.

Les chiffres à retenir

Ce que disent les données

≈ 3 000 intoxications · ≈ 100 décès par an

Ce sont les chiffres rappelés en novembre 2025 conjointement par Santé publique France, la Direction générale de la santé et l’Anses. Selon les années et les périmètres de surveillance retenus, d’autres publications ont fait état de volumes d’intoxication plus élevés ; QSBAIL retient prioritairement la donnée sanitaire officielle la plus récente.

5,4 millions de logements sociaux

Au 1er janvier 2025, le parc locatif social français compte 5,4 millions de logements. À cette échelle, la prévention d’un risque domestique ne peut être envisagée uniquement logement par logement : elle constitue aussi un enjeu de politique patrimoniale pour les bailleurs.

Moins de 100 bailleurs

Selon la veille et le recensement sectoriel conduits par QSBAIL en septembre 2026, moins de 100 bailleurs ont été identifiés comme ayant engagé volontairement une démarche d’équipement en détecteurs de monoxyde de carbone. Le déploiement reste donc aujourd’hui essentiellement volontaire en France.

0 obligation générale

Aucune obligation générale n’impose aujourd’hui un détecteur de monoxyde de carbone dans chaque logement équipé d’un appareil à combustion.

Réglementation

Une différence réglementaire majeure

Depuis 2015, chaque logement français doit disposer d’au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF).

En revanche, en septembre 2026, il n’existe toujours pas d’obligation générale équivalente imposant un détecteur de monoxyde de carbone dans chaque logement concerné par un appareil à combustion.

Le Code de la construction et de l’habitation impose déjà différentes dispositions destinées à prévenir les intoxications au CO : amenée d’air, évacuation des produits de combustion, entretien des équipements, ventilation et dispositifs de sécurité collective dans certaines configurations. Mais il ne généralise pas le détecteur autonome de CO comme il l’a fait pour le détecteur de fumée.

Cette situation a conduit au dépôt, le 19 novembre 2024, de la proposition de loi n° 606 visant à rendre obligatoire l’installation de détecteurs de monoxyde de carbone dans les logements disposant d’appareils fonctionnant avec des combustibles solides, liquides ou gazeux.

Voir aussi l’étude QSBAIL sur les détecteurs de fumée, menée auprès de 337 bailleurs.

L’étude QSBAIL

Un sujet de santé, de sécurité et de gestion patrimoniale, pas un simple achat

1. Analyse épidémiologique

Étude des données disponibles relatives :

  • aux intoxications
  • aux décès
  • aux principales sources d’émission
  • aux circonstances d’accident
  • aux symptômes et délais d’apparition
  • aux actions préventives recommandées

Sources principales : Santé publique France, Direction générale de la santé, Anses et documentation sanitaire nationale.

2. Analyse normative et technique

QSBAIL s’est notamment intéressé aux détecteurs relevant de la norme EN 50291-1, applicable aux appareils électriques destinés à détecter le monoxyde de carbone dans les locaux à usage domestique. L’analyse ne doit pas se limiter à la présence d’un logo ou à un prix d’achat.

Les critères étudiés

  • technologie du capteur
  • sensibilité au CO
  • délais de déclenchement
  • puissance de l’alarme
  • autonomie
  • durée de vie du capteur
  • dispositif d’autotest
  • signal de batterie faible
  • alerte de fin de vie
  • lisibilité des informations
  • résistance aux manipulations
  • facilité d’installation
  • maintenance
  • traçabilité du dispositif
  • prise en compte des personnes sourdes ou malentendantes

Référence technique EN 50291-1 — les appareils conformes sont conçus autour de niveaux d’exposition normalisés :

  • 50 ppmdéclenchement entre 60 et 90 minutes
  • 100 ppmentre 10 et 40 minutes
  • 300 ppmen moins de 3 minutes

Les modèles étudiés affichent également couramment une alarme d’au moins 85 dB à 3 mètres.

Tous les détecteurs vendus sur le marché ne doivent pas être considérés comme équivalents uniquement parce qu’ils sont présentés comme des « détecteurs de CO ».

Principe de prévention

Le détecteur n’est pas une alternative à l’entretien

Installer un détecteur ne dispense jamais d’entretenir les installations. La prévention du monoxyde de carbone repose simultanément sur :

  • l’entretien des chaudières et appareils à combustion
  • le contrôle des conduits
  • une ventilation correctement dimensionnée et entretenue
  • l’absence d’obstruction des entrées et sorties d’air
  • une bonne utilisation des chauffages d’appoint
  • l’information des habitants
  • la capacité à détecter rapidement une concentration anormale de CO

Les autorités sanitaires recommandent notamment de faire contrôler les installations de chauffage et de production d’eau chaude et d’aérer quotidiennement les logements.

Le détecteur constitue donc une couche de sécurité supplémentaire, et non le remplacement des mesures existantes.

Comparaison européenne

Ailleurs en Europe, l’obligation existe déjà

En Angleterre, depuis le 1er octobre 2022, les obligations applicables aux secteurs locatifs privé et social imposent notamment aux bailleurs d’installer un détecteur de monoxyde de carbone dans toute pièce utilisée comme espace de vie comprenant un appareil fixe à combustion, hors cuisinières à gaz.

La réglementation impose également la réparation ou le remplacement du dispositif lorsqu’il est signalé défectueux.

Un déploiement à grande échelle dans le logement locatif est techniquement et opérationnellement possible.

Proposition

La position portée par QSBAIL

Passer progressivement du volontariat à une obligation nationale ciblée de détection du monoxyde de carbone dans les logements exposés à un risque de combustion.

Une telle évolution devrait être précisément encadrée : un appareil normalisé, un emplacement défini, une responsabilité clairement attribuée, une traçabilité de la pose, une information de l’occupant, une vérification régulière et un renouvellement organisé en fin de vie.

Elle devrait également faire l’objet d’une étude d’impact et tenir compte des caractéristiques du logement, des équipements présents et des besoins particuliers des occupants.

L’objectif poursuivi par QSBAIL est simple : faire de la détection du monoxyde de carbone un sujet structuré de prévention dans le logement, au même titre que les autres dispositifs de sécurité domestique.

Du constat au déploiement

QSBAIL accompagne les organismes de la réflexion à la pose

  1. Diagnostic du patrimoine
  2. Identification des logements concernés
  3. Benchmark technique
  4. Cahier des charges
  5. Sourcing des équipements
  6. Expérimentation
  7. Protocole de pose
  8. Traçabilité
  9. Information des locataires
  10. Contrôle
  11. Satisfaction et retour d’expérience

En matière de sécurité des habitants, la question n’est pas seulement de poser un équipement : il faut choisir le bon dispositif, au bon endroit, assurer son fonctionnement dans la durée et permettre à l’occupant de savoir immédiatement comment réagir.

Équiper votre patrimoine, avec méthode

Diagnostic, benchmark, cahier des charges et protocole de pose : parlons de vos logements concernés.

Parlons-en